Plein Ciel

#02 - Du haut de gamme pour la France

Les belles années Simca #2 - Simca Présidence (1958)

Lorsqu'il s'agit, à la fin des années 50, de remplacer comme véhicule d'apparat pour le président de la République les vieillissantes Citroën Traction "15-Six", le choix se porte sur la Simca Présidence, vaisseau amiral de la gamme commerciale Simca. Deux modèles spéciaux seront fabriqués pour la présidence de la République.

2.351 cm3 - 84 HP - 140 km/h

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#01 - L'Aronde en tenue de gala

Les belles années Simca #1 - Simca Aronde Grand Large "Rue de la Paix" (1956)

Au Salon de l'automobile de Paris d'octobre 1955, le coach Aronde Grand Large Rue de la Paix suggère de par son nom tout un monde de luxe et de volupté. Il est vrai que la qualité et le nombre de ses équipements spéciaux sont exceptionnels pour une voiture de grande série.

1.290 cm3 - 57 HP - 135 km/h

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6e heure de conduite !

Aujourd'hui, sixième heure de conduite. Début 8h50. Fin 10h10. La gamine à ramasser était malade, donc retour à la case départ et on est reparti pour dix minutes en rab à conduire cette Citroën C3 à la con. Désagréable sensation d'être la dernière des buses et de conduire comme un sagouin. "Moi je m'en fous de répéter c'est mon boulot, mais si c'est pas acquis, faut l'acquérir, et les heures de conduite passent", me dit la monitrice. Ceci dit, je veux pas jouer le mec réac', mais du temps de la Belle Epoque, les routes c'était tout droit, à gauche ou à droite. Pas de ralentisseurs, ni de zone 30, ni d'haricots et autres saloperies. Sans compter que dès que les gens voient "Auto-école" curieusement c'est la fête à Mimile. En gros : on peut lui faire la misère on s'en branle il se fera engueuler. Du coup, la piétonne imprudente qui traverse comme une tapée au rond-point, elle a vu mon capot de près. Et puis que c'est compliqué ce système de vitesses. Pourtant je suis passionné, m'enfin on a toujours pas trouvé plus pratique ? Une automatique et je conduirais comme un païlote, seulement je m'emmêle les pinceaux. Enfin bon, faut passer par là.

Bon, à part ça, j'ai reçu hier mon colis des "Belles années Simca", nous en sommes donc à sept modèles + les cadeaux, je présenterais ça tout à l'heure.

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Allez, on se détend...

Demain 6e heure de conduite à 8h50. Il en faut "au moins" 25. Ras-le-bol de la conduite, sans compter qu'il me faut aussi passer le code (pas encore eu de date) puis le permis. Pfiouh. Vivement que ça soit fini tout ça !

Pour se détendre, j'uploade un clip super sympa de mon compte U-Tube, ça s'appelle "How to be a millionaire ?" du groupe ABC, ça date de novembre 1984, c'est frais, léger, 80's. Pas la chanson ultime mais c'est très gai et ça met la banane.

Enjoy !

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Promis, j'arrête !

Ouais, promis : maintenant que j'ai expliqué ma passion pour Simca et mes goûts sur la musique 80's et Talk Talk en particulier, hé bien maintenant je tape dans la simplicité : mes joies, mes peines couché sur papier (enfin sur le blog). Nous sommes le 24 avril, et aujourd'hui commence officiellement mon "journal" si l'on peut dire. Quel sera le résultat le 24 avril 2008 ? Nous verrons bien !

Mes objectifs ? Me trouver une jolie brune, parce que le célibat c'est marrant un certain temps mais après ça lourde. Décrocher mon permis, ça devrait être fait pour cet été. Décrocher mon diplôme d'agent administratif en février 2008 ce serait sympa aussi. Bon allez, peut-être une troisième bagnole aussi, m'enfin déjà, on va aller chercher la deuxième cet été qui m'attend à 700 km de chez moi ! Voilà, il est 17h32, top chrono, j'ai un an pour réussir tout ça et vous allez suivre ça avec moi !

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Parlons musique avec Talk Talk

Maintenant que j'ai suffisament évoqué ma passion pour les vieilles autos, passons un peu à la musique. C'est peut-être ici que je suis le plus moderne. Ne vous emballez pas : j'ai une préférence immense pour les années 80. Attention, on ne mélange pas les serviettes et les torchons : "Nuit de folie" ou Jeanne Mas ne font pas partie de mes favoris, loin de là, très loin même... Non, moi j'aime la qualité, les belles mélodies, celles qui vous mettent la pêche ou vous amènent la larme à l'oeil. Pas des standards ringards que l'on passe aux anniversaires...
 
Là aussi, histoire de ne pas s'étaler partout, je vais résumer ma pensée au groupe que je préfère le plus aux autres : Talk Talk. De nom, ça ne vous dit certainement rien. Si je vous dis "It's my life" ou "Such a shame", ça doit commencer à parler à ceux qui s'y connaissent un tantinet. Et si je vous dis que "It's my life" a été brillamment repris en 2003 par No Doubt et la célèbre chanteuse Gwen Stefani, là, normalement, vous devriez connaître.
 
Oui mais. Car il y a toujours un "mais" avec moi. Les deux titres cités sont certes deux grands succès très connus, mais, Talk Talk c'est plus que ça. N'allez pas vous imaginer que je tente de promouvoir un groupe qui n'existe plus et dont on ne se remmémore que deux titres, car Talk Talk, vraiment, mérite mieux que ça. C'est comme les Simca : une qualité haute et que du bonheur, mais injustement oublié. Là c'est pareil. Alors, on va faire bref. 
 
Ce qu'il y a d'excellent avec Talk Talk, c'est que la musique évolue. Un premier album sort en 1982 : "The party's over". C'est pop, c'est rythmé, ça fleure bon les années 80 à grands coups de synthés et d'effets à la batterie. Bon, faut avouer, ça reste un peu bancal. Pas médiocre, non, l'on devine déjà les prémices d'un talent naissant et qui ne demande qu'à s'exprimer, l'album contenant ses petites perles. Non, c'est juste maladroit : c'est les débuts, c'est pardonnable ! Talk Talk est composé alors de quatre membres : Mark Hollis, né en janvier 1955, le chanteur. L'Anglais dans toute sa splendeur : on imaginerait presque la Mini Cooper et la tasse de thé. Paul Webb, né en janvier 1962, le bassiste. Physique de play-boy, il fait craquer les minettes. Lee Harris, né en juin 1962, le batteur. Cheveux longs... et idées courtes ? Que nenni, ce sera l'un des meilleurs batteurs de sa génération. Et un quatrième larron : Simon Brenner, le claviériste, qui ne restera que le temps du premier album.
 
 
Album "The party's over" (1982)

Dans ce premier album, quatre singles seront extraits : "Another word", "Mirror man", "Talk talk" et "Today". Ce sont surtout les deux derniers qui connaîtront un tout petit succès, et aussi leurs premiers clips ! "Talk talk" a connu deux clips différents : dans le premier, ils sont dans un espèce de labyrinthe métallique en train de jouer, dans le second, plus kitsch, ils sont dans un décor blanc dans une rue mal famée, où les passants sont baîllonnés et s'exprime en langage des signes. Ouais c'est space... Mais amusant. Quant à "Today", on suit les traces d'un petit garçon dans une grande maison où joue le groupe, qui semble chercher un échappatoire à ses cauchemars. Tous les clips se trouvent aisément sur You Tube ou Daily Motion, prenez le temps de les voir, c'est toujours intéressant.
 
En 1983, Simon Brenner quitte le groupe, qui souhaite plus de vrais instruments, et moins de synthés. En guise de pot de départ, si l'on peut dire, sort le très réussi "My foolish friend", qui ne figurera dans aucun album, mais gagnera un clip génial où les trois membres du groupes se font renvoyer de leur usine et tentent de vivre leur chômage comme ils peuvent.
 
Leur deuxième album sort en 1984 et il s'appelle "It's my life". C'est, à mon avis, l'album le plus intéressant pour qui souhaitent découvrir Talk Talk. Là aussi, quatre singles seront extraits : "Dum dum girl", "It's my life", "Such a shame" et "Tomorrow started". L'album est une évolution du précédent, ce qui sera le cas à chaque fois sans exception, le leader expliquant alors qu'à chaque nouvel album le tempo perdait une note pour gagner en qualité : ainsi, si l'on image, le premier album est sur un tempo à cinq notes, le second album sur un tempo à quatre notes, et ainsi de suite jusqu'au dernier album en 1991 qui sera sur un tempo à une seule note ! Quand je vous disais que ça évoluait pour de vrai, et le résultat est diablement intéressant.
 
Mais on va revenir à nos moutons. Les trois premiers titres auront leur clip. Deux versions pour "Dum dum girl" : un clip hilarant en deux prises (les deux versions) : cela se passe dans un champ écossais, le 13 juin 1984 très précisément, à 7h03. Précis ? Oui, c'est écrit en préambule du clip ! La première prise est à mourir de rire, Talk Talk claque un fusible et ça part en brioche total, en termes plus vulgaires : ils font sévèrement les cons pendant 5 minutes, et on en redemande ! La deuxième prise, à 7h13, est plus sérieuse et moins drôle, mais on sent quand même le vent de légèreté qui flotte !
 
Par rapport à leur précédent album et aux précédents clips, les Talk Talk se lâchent ! Fini les costumes blancs et les clips métaphoriques, maintenant, ça s'habille relax et les clips sont le théâtre d'un humour typiquement anglais. Pour le clip de "It's my life", seul le leader, Mark Hollis, apparaît : il est seul dans un zoo, et le clip montre pendant 4 belles minutes des images animalières avec, à chaque fois, un petit détail crayonné comme un dessin pour accompagner : pour ceux qui connaissent la chanson, le clip est tout aussi extra ! Vient ensuite le clip de "Such a shame". Ces deux titres-là poseront les pierres du succès, et le clip est excellent. Le groupe apparaît faussement sérieux et, tout au long du clip, Mark Hollis change de vêtements et d'expression du visage, pastichant ainsi les différents sentiments humains : joie, colère, tristesse, sérieux... c'est extrêmement drôle et bien foutu !
 
 
Album "It's my life" (1984)
 
Le troisième album de Talk Talk fait son apparition en 1986. C'est celui que je préfère. C'est le pont entre les deux premiers albums, joyeux et décalés, et les deux prochains, tristes et sérieux. D'un point de vue grand public, il faut du temps pour l'apprécier : autant "It's my life" s'écoute d'une traite sourire aux lèvres, autant "The colour of spring", titre du nouvel album, met plus de temps à faire son effet : c'est juste très mélodieux, très beau : la perfection. Curieusement, si l'on parle un peu en métaphores, les cinq albums pourraient représenter les cinq étapes de la vie d'un homme : le premier album pour l'enfance et le paradoxe entre les bonnes manières et les petites bêtises maladroites, le second album pour l'adolescence où l'on commence à grandir en maturité et en talent, tout en gardant son côté déluré et amusant, le troisième album pour l'âge adulte où le meilleur survient souvent, le quatrième album pour l'âge mûr et l'apparition du calme et de la sagesse, et le cinquième album pour la vieillesse, où l'on prend le temps de vivre et où chaque son se fait attendre pour durer plus longtemps, comme le serait un bon moment qu'on croirait être le dernier.
 
On revient à l'album, je sais que j'ai tendance à écrire beaucoup et que les rares lecteurs doivent avoir décrocher depuis longtemps, mais j'aime partager mes passions et ceux qui restent apprécieront la suite. Toujours quatre singles extraits : "Give it up", "I don't believe in you", "Life's what you make it" et "Living in another world". Et toujours trois clips : "Give it up" nous offre purement et simplement le visionnage de la chanson dans un concert londonien, où l'ambiance était particulièrement magique et où tout Talk Talk est résumé : les musiciens s'éclatent, le public aussi. Ca se voit, et ça fait plaisir à voir. "Life's what you make it" est mon clip préféré, tout comme la chanson. Le groupe joue de nuit dans une forêt sombre et enveloppée de brouillards, ils sont entourés d'animaux, un peu comme dans le clip de "It's my life" mais de nuit. C'est superbe et on ne s'en lasse jamais, sans compter que la chanson est ce qu'il se fait de mieux pour moi en terme musical. Comment décrocher la Lune avec simplicité. "Living in another world" renoue avec les clips légers et drôles du précédent album : ça commence pourtant proprement, chacun joue son instrument sans demander son reste, et puis brusquement le piano s'envole dans une bourrasque de vent et le leader se retrouve à jouer du piano et à chanter à l'envers, avec le bassiste et le batteur dans le piano en train, une fois encore, de faire n'importe quoi pour s'amuser. 
 
 
Album "The colour of spring" (1986)
 
Vous aurez sûrement remarqué que les pochettes sont assez réussies : depuis le tout début, c'est un illustrateur talentueux du nom de James Marsh qui réalise chaque pochette, album et single. Après les visages mélangés du premier album et les pièces de puzzle du second, c'est au tour des papillons d'illustrer le troisième. Et le quatrième ? Original : des animaux aquatiques dans un arbre. Le quatrième album sort en 1988 et s'intitule "The spirit of Eden". Là, faut s'accrocher. L'album est d'une émotion gigantesque et d'une beauté incommensurable. C'est magnifique à écouter, c'est presque une symphonie : les sons et les mélodies virevoltent ça et là entre deux phrases torturées de Mark Hollis. Waouw. Les deux précédents albums avaient connu un grand succès, celui-ci sera un échec. Un échec car Talk Talk l'a choisi : le groupe ne veut pas tomber dans le marketing et la grande série, et le changement est radical : un vrai demi-tour ! Les critiques applaudiront et hurleront au génie face à ce nouveau style musical, que l'on pourrait qualifier de néo-jazz.
 
Le leader, Mark Hollis, savait que cet album ne marcherait pas mais s'arracherait des années après avec la redécouverte. Il avait vu juste. L'échec commercial était d'autant plus prévisible que Talk Talk ne voulait aucun single ni clip ! Bien évidemment, la maison de disques refusera et l'histoire se terminera devant les tribunaux ! Un single et un clip sortiront donc : "I believe in you". Il faut dire aussi que les trois premiers titres de l'albums n'en forment en fait qu'un et que le troisième titre est la suite du second, lui même continuant le premier. Le clip de "I believe in you" se passe dans une église et le groupe s'est assagi : vêtements, coiffure, musique... tout n'est que calme et volupté. La chanson, comme l'album, est magnifique, surtout que la chanson "I believe in you" est un hommage au frère de Mark Hollis, Ed, décédé d'une overdose en 1988 et qui semble réfuter le "I don't believe in you" sorti en 1986 du temps où la fête était de mise... 
 
 
Album "Spirit of Eden" (1988)
 
Le cinquième et dernier album du groupe sort en 1991 et le titre est d'une ironie mordante : "Laughing stock". Entre-temps, depuis l'affaire "Spirit of Eden", Talk Talk a changé de maison de disques et Paul Webb a quitté le groupe, la place d'un bassiste dans un album où l'atmosphère règne avant tout sur quelques sons et quelques bribes de mots que l'on fait durer des minutes entières n'a plus lieu d'être. Pour être honnête, l'album est encore plus beau et plus émotionnel que "Spirit of Eden", mais aussi plus compliqué, il faut vraiment se prendre une heure et s'enfermer dans une pièce sans aucun bruit filtrant pour apprécier à sa juste valeur cet album. Pas de clip, mais trois singles sorti sous la forme d'un coffret original : la pochette de l'album faisant contraire au précédent : ce sont maintenant des oiseaux dans la mer, et le coffret de trois singles est en fait un puzzle : une fois les trois CD à leur place, cela forme un oiseau géant composé de dizaines de petits oiseaux différents en train de voler dans le ciel, ce sera : "After the flood", "Ascension day" et "New grass". Comme expliqué précédemment, après le thème d'une note, il y a zéro, et après la vieillesse, c'est la mort. Talk Talk finit donc sa carrière en 1991 d'une manière sublime.
 
Un best-of est sorti en 1990 : "Natural history", avec une pochette extra qui est un mix des quatre premiers albums : les visages, les papillons, les pièces de puzzle, les poissons et les oiseaux forment un visage ! À noter que ce best-of est ressorti cette année accompagné d'un DVD avec l'intégrale des clips : difficile à trouver dans le commerce, mais je l'ai acheté 15 € sur le net et ne regrette pas mon achat ! Talk Talk s'est terminé en 1991, mais deux albums sortiront en 1998 et en 2001, ne contenant que des inédits.
 
"Asides besides", sorti en 1998, est un double CD : le premier concerne les versions longues, les "maxis" comme on dit alors. Ce sont, en gros, des chansons rallongées de plusieurs minutes, pour faire durer le plaisr. Le deuxième CD concerne les inédits : des chansons sorties en face B des singles mais pas sur les albums, comme "My foolish friend" en quelque sorte. Quant à "Missing pieces" sorti en 2001, il ne contient que des inédits, ceux du tout dernier album, dans la veine de "Laughing stock" donc. 
 
 
 
Best-of "Natural history" (1990)

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Simca - troisième et dernière partie (1979-1986)

Troisième et dernière partie (1979-1986)
Talbot Samba GL (1983)
Le 10 aoûtt 1978, Peugeot rachète les filiales européennes de Chrysler. Un délai d'un an est accordé pour changer le nom de la marque et faire disparaître tout signe Chrysler des automobiles. Peugeot affiche clairement la volonté de devenir le General Motors européen : aussi le nom Simca, trop français et peu connu de par le monde, changera totalement de nom. En 1958, Simca avait racheté Talbot, une marque sportive aux gloires passées qui agonisait lentement : la tentative de relancer la marque fut un échec et elle ferma en 1960. Le 10 juillet 1979, Talbot renaît de ses cendres !
Oui mais voilà. Si, dans les années 50, Talbot était synonyme de luxe, de sport et de puissance, c'est un peu la consternation générale de retrouver le nom Talbot sur des voitures populaires ! Et puis, en une quinzaine d'années à peine, c'est déjà le troisième changement de nom ! Pour ne rien arranger, histoire d'habituer les clients au changement de nom Talbot, on laissera encore un an un logo Simca à l'arrière et un logo Chrysler à l'avant, tout en rajoutant les nouveaux logos Talbot ! Bref, c'est une confusion totale et les ventes chutent.
L'année 1979 voit l'apparition d'un nouveau modèle : la Talbot 1510, qui est en fait un habile lifting des 1307 et 1308, un peu comme l'a été la P60 par rapport à l'Aronde quelques années auparavant. Rien de bien neuf donc. Pour continuer à assurer "l'après Simca 1000", les Sunbeam s'enrichissent de versions sportives en la présence des TI et surtout Lotus : un monstre de puissance ! L'Avenger intègre également la gamme de manière éphémère : encore un modèle importé d'Angleterre, qui est en fait la version break des Chrysler 160 et 180, devenues maintenant Talbot 1610.
L'année 1980 sera très importante. La gamme est totalement renouvelée : on abandonne ainsi les Talbot 1610 et 2 Litres, l'Avenger et la Bagheera. La 1510 se voit épaulée par une version avec coffre malle : la Solara. Là aussi, rien de bien neuf. Toujours en 1980, la Matra Murena remplace la Bagheera : ce n'est là qu'un replâtrage réussi, mais l'effet nouveauté ne fait pas mouche et le succès sera moindre. La tentative de créer la surprise se persévère avec le lancement de la très contestée Tagora : une grosse berline très luxueuse qui sera un temps la berline française la plus puissante du marché avec son très performant moteur V6.
Mais le succès est bien timide pour la nouvelle marque Talbot. En 1981, Simca et Chrysler ont totalement disparus des automobiles, la gamme se renouvelle petit à petit, et l'engagement sportif de la Sunbeam porte ses fruits : après une belle sixième place en Championnat du Monde des Rallyes sur la saison 1980, la Sunbeam Lotus est sacrée Championne du Monde des Rallyes sur la saison 1981 ! Parallèlement, une écurie de Formule 1 sera lancée sur les saisons 1981 et 1982, en partenariat avec Ligier, avec plus ou moins de succès. 
Malgré tout, les modèles ne sont pas à proprement parler nouveaux et les nombreux changements de marques et de politiques ont embrouillé l'esprit des clients : sous l'ère Chrysler France, M. Héreil fut remplacé plusieurs fois par différents présidents, et c'est M. Perrin qui présidera Talbot dès son lancement. Au passage, M. Héreil décède le 21 juin 1980, dans l'anonymat le plus total. Le souci principal de Talbot, c'est qu'en pleine crise économique, la marque n'a aucune gamme basse crédible : la Sunbeam n'est qu'une remplaçante de fortune. Sans compter l'absence de moteur Diesel, et les rares nouveautés sont réservées à l'élite du luxe ou du sport, mais pas du peuple ! Il faut réagir et vite.
La 1100 disparaît donc en 1981, du moins pour sa gamme civile : les utilitaires VF resteront encore au catalogue. L'évènement majeur de 1981, c'est la présentation de la petite Talbot Samba, construite sur la base des coupés Peugeot 104 avec une plate-forme allongée. Le succès sonnera enfin à la porte de Talbot, et l'année 1982 verra Talbot remonter la pente : les commandes reprennent !
Malheureusement, le repos sera de courte durée. En 1982, on arrête tout programme sportif : exit le rallye et la Formule 1. Il faut économiser : le groupe, composé de Citroën, Peugeot, Talbot et Matra est dans le rouge et les pertes se chiffrent par milliards ! Les modèles dont le succès n'est pas au rendez-vous devront quitter la scène : après la Sunbeam et la 1100 en 1981, pour laisser place nette à la nouvelle Samba, c'est au tour de la 1510 de faire ses adieux en 1982. Malheureusement, des grèves très violentes et fortement médiatisées éclateront durant l'été 1982 : les syndicats se battent contre des suppressions d'emplois... et gagnent.
Pour l'heure, on lance enfin un moteur Diesel sur une gamme populaire : en l'occurence l'Horizon. La Tagora en était déjà équipée, mais c'est une voiture de la gamme haute qui, de plus, est un échec chaotique. L'arrivée d'un moteur Diesel sur l'Horizon est salutaire, mais il arrive trop tard pour relever la courbe des ventes. On lance également une très réussie version Cabriolet sur la Samba, ce sera un succès fulgurant, même s'il ne concerne qu'une niche étroite du marché automobile. En fin d'année, pour prendre le relais des précédentes Sunbeam TI et Lotus, on lance la Samba Rallye, une véritable petite bombe qui connaîtra elle aussi le succès.
L'année 1983 voit les ventes se figer, et l'on en profite pour mettre fin à l'agonie désastreuse de la Tagora, malgré une commande de 5.000 modèles par les Taxis Parisiens : inespéré ! Mais la commande n'aura pas lieu, la Tagora étant arrêtée. Pour relancer la production de l'usine de Poissy, Peugeot apporte quelques-uns de ses modèles sur les chaînes : les coupés 104 et quelques toutes nouvelles 205. La concurrence est déloyale, mais le groupe renaît avec le succès : Peugeot avec sa 205 lancée en 1983, et Citroën avec sa BX lancée en 1982. Et Talbot ? La Samba se vend bien, mais n'atteint pas les chiffres colossaux de la 205, qui éclipse la carrière de la Samba, qui avait pourtant démarrée sur les chapeaux de roues.
Pour 1984, on décide d'arrêter la production Matra. Exit donc la Murena et la Rancho. Au passage, Peugeot manquera une belle occasion de se refaire une santé : Matra propose l'Espace, pour la lancer sous Talbot. Peugeot refuse, Renault empochera l'Espace, avec le succès que l'on sait puisqu'en 2007, le Renault Espace existe toujours ! La malheureuse gamme Talbot se réduit comme une peau de chagrin, tout comme les ventes, c'est une véritable année noire, il ne reste plus que trois modèles : la petite Samba, la moyenne Horizon et la grande Solara. Comme un malheur ne vient jamais seul, de nouvelles grèves toutes aussi violentes et médiatisées ont lieu fin 1984 : cette fois-ci, les syndicats ne pourront rien faire contre les licenciements abusifs que Peugeot souhaite faire à l'usine de Poissy. À partir de cet instant, il apparaît clairement que l'avenir de Talbot n'a plus lieu d'être.
1985 : M. Calvet, président du groupe PSA qui gère Peugeot, Citroën et Talbot, décide que Talbot ne vivra plus. L'Horizon disparaît, après une grande carrière européenne comme américaine, fait quasiment unique dans la production automobile française. Sa remplaçante doit voir le jour : la Talbot Arizona. Malheureusement, quelques jours avant le lancement, Peugeot décide que commercialiser un tout nouveau modèle sous une marque appelée à disparaître tient du suicidaire : la voiture sortira bien, mais sous le nom de... Peugeot 309 ! Nous sommes alors le 28 juin 1985 : c'est fini pour Talbot. La gamme civile continuera une dernière année pour vider les stocks, mais pas la gamme utilitaire ni les versions sportives : les 1100 VF ainsi que les Samba AS et Rallye disparaissent.
1986 sera la dernière année commerciale de Talbot, afin de vider les stocks : il ne reste plus que la Samba et la Solara, qui vivoteront jusqu'au printemps et l'arrêt définitif de la production. La Samba aura été un joli petit succès, et l'une de ses séries spéciales, la Sympa, deviendra presque une icône des années 80 : proposée en gris avec plusieurs de ses éléments, dont les jantes, peints en jaune (mais également bleu ou rouge à ses débuts), ce sera le dernier succès de la marque. Voilà, Talbot rend son dernier soupir. La politique bancale de Peugeot de relancer Simca sous la marque Talbot, n'aura pas fonctionné. Il en reste aujourd'hui l'histoire d'une marque attachante, qui vécut 52 ans, de 1934 à 1986, en proposant toujours des modèles attachants et pleins de vie, qui avaient ce petit "+" que n'avaient pas les autres.
Voilà résumée en trois parties l'histoire d'une marque qui me passionne depuis toujours : je possède beaucoup d'archives et me documente quotidiennement sur l'histoire de ce que j'appelle "le Groupe Simca", je collectionne également les modèles réels, puisque je possède moi-même deux modèles de la marque que je présenterais ultérieurement. Récemment, j'ai trouvé dans le modélisme une seconde vie pour ma passion en créant des dioramas sur Simca, qui coïncide avec le lancement en décembre 2006 de la collection "Les belles années Simca" par les éditions Altaya. Le principe est simple : une miniature toutes les deux semaines vendues pour 13 € avec un fascicule très complet sur le modèle et la marque. Je présenterais aussi cela régulièrement puisque j'ai la chance énorme d'y être abonné aux frais de la princesse.

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Simca - seconde partie (1970-1978)

Seconde partie (1970-1978)

 

Chrysler-Simca 1308 GT (1978)

Au 1er janvier 1970, donc, Simca devient officiellement Chrysler France. Le logo n'est plus une hirondelle stylisée, mais une étoile : un Pentastar.

Chrysler France décide alors que la marque vendra ses modèles sous trois marques : Simca pour la gamme basse et moyenne, Chrysler pour la gamme haute, Matra pour la gamme sportive.

L'année 1970 commence avec la sortie d'un nouveau modèle qui devinendra mythique : la Simca 1000 Rallye, qui ne cessera d'évoluer tout au long de cette partie, remplaçant ainsi parfaitement dans le coeur des sportifs la Renault 8 Gordini, disparue la même année.

Mais cette année marque aussi l'arrivée de la première Chrysler française qui se vendra sous deux noms différents, selon le moteur : la 160 et la 180. Une grande berline baroque assez élégante, mais, malheureusement, nombreux sont ceux qui pensent avoir affaire à une voiture américaine, et non à une Simca !

Cette période sera auréolée de gloire pour Simca, mais ce n'est qu'une façade : Chrysler France n'est pas seul, il partage ses finances avec les deux nouvelles filiales du groupe : Chrysler UK (ex-Rootes) et Chrysler Espana (ex-Barreiros), deux filiales qui ne rencontreront pas un grand succès et qui pomperont les finances de la filiale française.

Il faut vite se rendre à l'évidence malgré, en 1973, le lancement d'une version plus poussée, la Chrysler 2 Litres, la nouvelle Chrysler est un flop total. Vendue sous un nom qui n'a aucun historique particulier en France, elle passe inaperçue. Mais en 1973, Matra présente sa nouvelle Bagheera, un coupé qui a l'originalité d'avoir trois places en ligne ! Il ne sera pas particulièrement sportif, mais le succès sera au rendez-vous : l'auto sera présentée aux 24 Heures du Mans que Matra remportera, comme il l'a fait en 1972 et comme il le fera à nouveau en 1974, avec les différentes barquettes MS.

En 1974, malgré une évolution radicale la faisant passer de paisible coupé artisanal à berlinette ultra-performante, la marque CG est éclipsée par Matra, dont les modèles sont pourtant moins sportifs, et elle disparaîtra cette année.

En 1975, pour contrecarrer le flop magistral des Chrysler, la marque lance alors une voiture d'aspect similaire, mais à la carrosserie plus française que la Chrysler, toujours vendu sous deux motorisations différentes : la 1307 et la 1308, qui sera rejointe, en 1978, par la 1309.

La marque ne fera pas deux fois la même erreur : la petite dernière s'appellera... Chrysler-Simca ! Malgré un nom complexe, cette voiture sera un immense succès, s'offrant même le privilège de décrocher le titre de Voiture de l'Année 1976 !!!

En 1977, c'est l'arrivée de la Sunbeam, une petite berline de chez Chrysler UK, sans grandes prétentions, mais qui fera office de remplaçante de la Simca 1000, faute de mieux. Son destin sera plus intéressant que l'on ne pouvait le penser, nous le verrons dans la troisième partie.

Cette même année, la deuxième Chrysler-Simca est présentée : la fameuse Horizon, qui remplace patiemment la 1100, toujours au top. La preuve que la politique commerciale de Chrysler France est compliquée mais pas sans récompense : l'Horizon sera élue Voiture de l'Année 1979 !!! 

La fin de cette seconde partie, en 1978, voit la naissance de la très originale Matra Rancho. Une voiture sans concurrence, basé sur la fourgonnette 1100, c'est un véhicule de loisirs au look d'aventurier, là aussi, le succès sera au rendez-vous.

Mais pour l'heure, Chrysler USA en a marre de perdre de l'argent avec ses filiales européennes, sans compter que la crise pétrolière fait des ravages. Pour survivre, Chrysler USA vend ses trois filiales européennes : Chrysler UK, Chrysler France et Chrysler Espana. C'est Peugeot qui se portera acquéreur, après avoir racheté Citroën en 1976. Cet achat historique a lieu le 10 août 1978.

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Simca - première partie (1934-1969)

Autant parler de ça maintenant, ce sera fait.

La voiture ancienne est une passion qui me tient à coeur plus que tout au monde. C'est une vocation, une envie inconsidérée de faire revivre ces merveilleuses automobiles... l'on commencera par l'histoire de la marque qui me passionne tant : Simca. Celle qui fut la quatrième grande marque automobile française pendant plus d'un demi-siècle, connaîtra principalement trois phases. Voici la première partie, j'essayerais d'être simple et bref, et de résumer afin que des lambdas puissent comprendre, l'histoire étant assez compliquée, mais c'est ce qui fait son charme...

Première partie (1934-1969)

Simca P60 Etoile (1962)

C'est donc officiellement le 27 novembre 1934 que la marque Simca voit le jour. Simca est, à la base, une habile pirouette de la part de Fiat pour vendre ses modèles en France sans payer de taxe douanière : le Marché Commun n'existe pas encore ! Simca signifie : Société Industrielle de Mécanique et de Carrosserie Automobile.

Les premières années seront consacrées à la vente de Fiat rebadgées et construites en France : les Simca-Fiat 6 et 11 CV qui connaîtront un joli succès et amèneront, en 1936, la petite Simca 5, qui sera un gros succès pour la marque : c'est la voiture des congés payés !

C'est à partir de cet instant que le nom "Simca" fait cavalier seul. En 1937, c'est l'apparition de la Simca 8, une bonne berline. Il est important de préciser que ces modèles sont toujours des Fiat rebadgées construites en France, mais désormais vendues sous la seule marque Simca. On pourrait appeler ça une filiale.

La guerre arrive, et Simca jouera habilement de ses racines italiennes pour tromper l'ennemi allemand et continuer la production sans sourciller ou presque jusqu'en 1943, l'usine ne sera même pas bombardée ! Elle intègrera de manière éphémère le consortium GFA, pour Générale Française Automobile, pour pouvoir continuer à travailler plus ou moins normalement sous l'Occupation. Par le biais des relations, la marque est favorisée par le plan Pons et la production reprend normalement en 1946. Deux ans plus tard, en 1948, c'est l'apparition de la Simca 6, qui remplace la précédente Simca 5, avec une carrosserie américanisée, plus élégante et plus actuelle. Malheureusement, avec ses deux portes et son prix élevé, elle ne pourra rien faire face aux contemporaines Citroën 2 CV et Renault 4 CV et Simca connaîtra son premier échec commercial.

Une date importante dans l'histoire de la marque, c'est le 31 mai 1951. La marque Simca présente sa fameuse Aronde, premier modèle de la marque qui ne soit pas une simple Fiat rebadgée. Elle conservera bien quelques coïncidences avec la Fiat 1400, mais les deux modèles restent différents. L'Aronde sera un succès gigantesque : le vaste choix de carrosseries, la palette de couleurs très gaies qui contrastent avec les tons tristes de l'époque, ainsi qu'une publicité quasi-permanente, ne cherchons pas plus loin les raisons du succès.

Les années 50 sont une période faste pour la marque : en 1954, Simca rachète la filiale française de Ford : Ford SAF, qui ne rencontre pas le succès en France et fait perdre trop d'argent à la maison-mère américaine. Simca trouve donc dans la corbeille de mariage l'usine de Poissy, alors la plus moderne d'Europe, mais également un tout nouveau modèle : la Vedette. Déjà commercialisée depuis quelques mois sous la marque Ford, elle sera intégrée au catalogue et rebadgée Simca.

La fin des années 50 se passe sereinement : Simca dispose d'une gamme basse avec l'Aronde, d'une gamme haute avec la Vedette, et d'une gamme sportive avec les coupés Plein Ciel (d'où le nom du blog) et les cabriolets Océane, apparus en 1957, et qui succèdent aux coupés DeVille et cabriolets Week-End qui sont arrivés en 1955 pour remplacer les Simca Sport sorties en 1948. Toute la gamme sportive étant basée techniquement sur la Simca 8 puis l'Aronde.

Même la crise pétrolière de Suez, en 1956, passe comme une lettre à La Poste : Simca trouve la parade en lançant l'Ariane. C'est tout simplement une Vedette avec un moteur d'Aronde. Certes, l'Ariane est loin d'être une fusée, mais ça n'est pas ce qu'on lui demande : elle est aussi confortable qu'une Vedette et aussi économique qu'une Aronde !

1958 est également une année importante : l'Aronde est liftée pour la quatrième fois et devient la P60, afin de s'accorder avec le lifting des Vedette l'année précédente. Simca rachète aussi cette année la marque sportive Talbot : la tentative de relancer la marque est un échec et l'on aurait pu en rester là, mais ce détail microscopique prendra toute son importance 20 ans plus tard, nous en parlerons dans la troisième partie. Simca, afin de pouvoir faire comme ses concurrents français, c'est à dire vendre ses modèles aux Etats-Unis (c'est alors une mode), s'alliera avec la marque américaine Chrysler, qui grignotera petit à petit les actions de Simca.

Pour contrer l'insolent succès de la Renault Dauphine, Simca lance en 1961 la très connue Simca 1000, modèle phare de la marque.

Puis, pour remplacer d'un seul coup la Vedette, l'Ariane et l'Aronde, Simca lancera deux modèles : la 1300 en 1963 et la 1500 en 1964.

Le président de Simca, M. Henri-Théodore Pigozzi, personnage charismatique et haut en couleurs, qui porta à la deuxième place nationale la marque Simca, en un temps record (21 ans !), scindera en deux l'entreprise Simca : Simca Industries pour les usines, et Simca Automobiles pour les véhicules, forçant ainsi Chrysler à devoir acheter des actions à Simca Automobiles pour avoir les voitures, mais aussi à Simca Industries pour avoir les usines pour les produire !

Cet ultime coup de poker pour tenter d'évincer un associé devenu un rival sera fatal à M. Pigozzi : il sera licencié en mai 1963 et décèdera un an plus tard, le 18 novembre 1964, à l'âge de 66 ans. Il sera remplacé par M. Georges Héreil, le père de l'avion Caravelle.

La marque continue son petit bonhomme de chemin, et M. Héreil réussira un coup de maître en imposant aux Américains un modèle qu'ils n'apprécient pas : c'est la 1100 qui apparaît en 1967. Les Américains n'arrivent pas à concevoir que les Européens sont plus friands de petites voitures que de grandes !

1967 marque également le lifting des 1300 et 1500, qui deviennent 1301 et 1501.

Les derniers rebondissements de la marque pour cette première partie arrivent le 17 décembre 1969. En effet, la mode d'alors est au sport automobile : les marques fleurissent et les plus douées obtiennent un contrat d'alliance exclusif avec une grande marque. Ce fut le cas d'Alpine qui s'alliera avec Renault en 1967. Pour rivaliser, Simca choisira de s'allier avec Matra, dont le modèle du moment, la 530, sortie en 1967, est motorisé par un V4... Ford !

Il est important de signaler que Simca s'était auparavant allié avec Gordini dans les années 30-40, avec de très beaux succès sportifs, notamment au Mans en 1939 où les barquettes Simca 8 Gordini gagneront leur catégorie. Le pilote Maurice Trintignant glanera aussi quelques succès intéressants sur une barquette Grand Prix en 1949.

Mais Gordini partira ensuite travailler avec Renault, et il faudra attendre la naissance de la marque CG, en 1966, pour voir quelques dérivés sportifs à moteur Simca, après quelques tentatives chez Abarth au début des années 60.

Pour terminer sur le sport, les coupés Plein Ciel et cabriolets Océane seront remplacés en 1962 par les coupés Simca 1000, très élégants mais peu puissants, eux-mêmes remplacés par les performants coupés Simca 1200 qui connaîtront un succès plus important.

Mais, le 1er janvier 1970, Simca passe sous le contrôle total de Chrysler, et Simca est renommé Chrysler France. Il en découlera huit années complexes, la marque connaîtra une période faste et de très beaux succès, mais la politique marketing compliquée montrera ses limites bien assez tôt.

Nous verrons tout cela dans la seconde partie, qui couvrera les années 1970 à 1978.

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Le bilan : premier quart de vie...

L'espérance de vie d'un homme, si on arrondit très grossièrement, est de 80 ans. Si l'on divise la vie d'un homme, on obtient quatre quarts (oui, comme le gâteau, bande de gourmand[e]s). 20 ans, 40 ans, 60 ans, 80 ans.

J'ai 18 ans depuis début janvier. Le premier quart des 20 ans n'est pas encore franchi, mais comme je ne suis pas sûr non plus d'atteindre les 80 piges avant de ranger définitivement mes billes, on va dire que c'est le bilan du premier quart. Celui de la majorité, de la maturité aussi.

18 ans donc, j'ai voté pour le premier tour des élections, j'apprends à conduire... la liberté ? Mouais... on est parti pour un bilan, en tâchant de rester neutre...

C'est peut-être un peu réducteur, mais puisque c'est l'âge, on va résumer cela à "Amitié", "Amour", "Travail" et "Santé", un peu comme dans les horoscopes...

Amitié ... 13/20 : un bilan mi-figue mi-raisin. Mes vrais amis se comptent sur les doigts d'une main, du collège et du lycée, rares sont ceux qui ont su "durer". Un ami d'enfance, connu depuis la maternelle : une belle complicité, de bons délires, et c'est pas fini. Un copain du lycée, un côté chien fou, il sait me dérider et me convaincre de me lâcher un peu. Une amie du lycée, la fameuse "meilleure amie", même si ce titre est un peu usurpé : studieuse, sérieuse, sensée. Oui mais voilà, on se voit peu. Le pote du lycée, une fois par semaine. Une bouffe dans un petit resto de la métropole, on échange les nouvelles, banalités, rires... normal quoi. L'ami d'enfance, une fois par mois. Il passe de temps à autre entre deux cours de fac, on discute gentiment une vingtaine de minutes autour d'un soda : salut et bonsoir ! La meilleure amie, une fois par trimestre. Hé oui, elle est sérieuse et studieuse, j'ai dit. Des grandes études, un emploi du temps chargé... Oui mais. Forcément il y a un "mais", sinon je me serais pas collé 13/20 ! Nostalgique de caractère, les souvenirs de gosses sont à la fois proches et éloignés. Qui n'a jamais rêvé de tomber par hasard sur Machin ou Machine, de savoir ce qu'il ou elle est devenu(e)... je suis pas le genre de mec qui enchaîne les sorties, je suis plutôt casanier. Donc pour tomber par hasard dessus, c'est pas demain que ça arrivera. Dommage.

Amour ... 6/20 : sévère ? Non. Réaliste. C'était bien parti et puis tout s'est cassé la gueule. Première relation, amoureuse comme sexuelle, 8 mois de bonheur relatif, en dents de scie. Une fille à problèmes. J'étais gentil, je voulais l'aider, l'épauler. Jusqu'à ce qu'elle tente de se foutre en l'air, cette sauterelle. Comme dans les films : le sauveur arrive, miracle, elle vivra ! Des clous, la semaine d'après j'étais cocu. Forcément ça calme. Niveau confiance envers les filles, je dirais même que ça marque. Et au fer rouge. Suite à ça, s'ensuit des déceptions amoureuses. Jusqu'au jour où. L'amour arrive quand on s'y attend le moins, pas de bol, il est arrivé au mauvais moment. Au moment que l'on connaît tous : celui où Judith Godrèche pourrait se jeter à nos pieds, les yeux plein d'amour, qu'on l'enverrait rouler dans le caniveau sans le moindre état d'âme. Hé bien j'ai eu ma Godrèche, et je l'ai envoyé rouler dans le caniveau sans état d'âme. Une belle connerie, ça, deux ans après je l'ai encore en travers de la gorge. Quelques flirts sans lendemain et puis la fin du lycée. Forcément, pour un casanier, au niveau des rencontres c'est le désert de Gobi. Rajoutons à cela mon irrésistible attirance pour le passé et le rejet de l'avenir, ça aide pas. Je ne cache pas que la solitude, qui avait de bons goûts fruités au début, commence à devenir amer. Comme les chewing-gums, c'est marrant quelque temps et après ça n'a plus de saveur. Affaire à suivre, "abandonne et tu recevras" a dit Aristote.

Travail ... 14/20 : peut mieux faire. Forcément, quand on a des goûts atypiques et que l'on sort du cadre, dans une classe de lycéens, ça se grille rapide. Curieusement, c'est pas les élèves qui m'ont pourri ma scolarité. Plutôt les profs. Incompréhension totale : un jeune doit avoir des goûts de jeune sinon c'est un con. En gros c'était le fond de leur pensée. Et comme j'aime bien faire chier le monde, j'en ai pas foutu une dedans et j'ai passé une scolarité à rien foutre, à sécher les cours de philo pour aller me rincer le gosier autour d'un bon café. Des souvenirs formidables, l'école de la vie comme on dit. Du coup, j'ai loupé mes études, ce qui était prévisible. Toute façon, trouver un métier d'avenir sur le thème du passé, au départ ça sent le sapin. J'ai pas trouvé ma voie, et comme j'en avais ma claque d'entendre que les fonctionnaires ont des privilèges d'enfoirés, j'ai choisi de devenir fonctionnaire. Je me suis retrouvé à bosser, j'avais 17 ans. Premier job ? Apprenti carrossier. Six longues journées à limer la tôle du matin au soir, ça forge le caractère. Loin de me rebeller, au contraire, j'adorais ça : un travail de rigueur, de précision. J'avais choisi ça car j'avais dans l'optique de retaper les vieilles bagnoles. Mouais, utopie puérile. C'est une voie trop étroite pour espérer des débouchés. Exit donc la carrosserie. Maintenant je fais de la saisie informatique, dans la même boîte que le paternel. Les premières payes, c'est sympa. Ca apprend à gérer le budget. Je prépare un diplôme d'agent administratif pour l'an prochain, c'est pas le mont Ventoux, mais au moins j'aurais un diplôme vu que le bac je ne l'ai bien évidemment pas décroché.

Santé ... 16/20 : attention danger. Bon, à mon âge, forcément, pas d'arthrite ni de problèmes cardiaques, pas de cancer non plus. Ceci dit, déjà des problèmes de dos, pas la peine de chercher midi à 14h, ça m'emmerdera plus tard. L'alcool ? Dans les rares soirées que je fais, c'est pas deux-trois cuites malheureuses qui me colleront une cirrhose. Le tabac ? Aïe. J'essaye de ne pas tomber dans l'addiction. Forcément, à voir les grands films de la belle époque, les Gabin et les Blier dont je parlais, ça donne des idées. Ces costumes, ces cigares. Quelle classe, quelle élégance. J'ai goûté, j'ai aimé. C'est vrai qu'un bon cigare, sans pour autant être un gigantesque barreau de chaise cubain, c'est franchement pas mauvais, surtout allié à une tasse de café et à un carré de chocolat. Là, sans mentir, faut limiter. On parlait de café ? J'en bois trop. J'ai commencé bien tôt, à peine entré au collège que je tapais déjà dans le café comme un dératé. On va tabler sur cinq par jour, depuis plus ou moins dix ans. Pas bon pour l'estomac, là aussi, sans mentir, faut limiter. Je serais pas centenaire, mais j'espère quand même ne pas clamser bêtement avec les cheveux même pas blanchis.

Finalement, il est pas si foireux que ça mon bilan ! Si ?

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